
Je cherchais un coin d’Alsace sans colombages en série ni files de bus. Le Pays de Hanau m’a attrapé par surprise : une grosse centaine de kilomètres de sentiers balisés, une quinzaine de villages à colombages disséminés autour de Bouxwiller et La Petite-Pierre, et des forêts qui sentent la mousse au petit matin. Rien d’aseptisé. C’est là que j’ai commencé à consulter https://campingaupaysdehanau.fr/, un de ces guides tenus par des gens qui connaissent le coin, pas par un office de tourisme pressé de vendre des cartes postales.
Un camping, dans cette zone, n’est pas un parking à caravanes. On y dort sous des chênes de plus de cent ans, on se réveille avec les cloches de l’église de Neuwiller-lès-Saverne, on entend le cerf bramer en septembre. Je le dis franchement : j’ai une préférence nette pour ce type d’hébergement en Alsace bossue plutôt que pour les hôtels de Strasbourg. Le rapport au paysage n’a rien à voir.
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Un relief qui mérite qu’on choisisse bien son camp de base
Le Pays de Hanau, ce n’est pas la plaine. Le paysage ondule entre 200 et 400 mètres d’altitude, les vallées sont courtes, les routes sinueuses, et chaque village a sa propre silhouette. Bouxwiller d’un côté, avec son musée judéo-alsacien et son marché du vendredi. La Petite-Pierre de l’autre, posée sur un éperon gréseux au-dessus de la vallée de la Zinsel.
Ce que ça change pour un campeur : quinze minutes de vélo peuvent faire 200 mètres de dénivelé. J’ai vu des familles prévoir une « balade tranquille » et revenir lessivées après trois heures sur le sentier des rochers. Prévoyez de l’eau, et de bonnes chaussures même pour les sorties courtes.
Le climat local, aussi, surprend. Le versant est, exposé aux entrées d’air depuis la plaine d’Alsace, prend plus de pluie que Colmar. Sur quinze ans de relevés météo autour de Bouxwiller, on tourne autour de 850 millimètres par an, contre 530 à Colmar. Écart énorme sur à peine soixante-dix kilomètres. Donc une toile de tente qui craigne un peu d’eau n’est pas du luxe.
Choisir son terrain : ce qui compte vraiment
Les campings de la zone vont du familial discret au terrain avec piscine chauffée, et le choix dépend surtout de trois choses qu’on ne voit pas sur les photos.
- L’ombre. En juillet, un emplacement sans arbre devient un four dès onze heures. Les terrains arborés valent plus que le demi-étoile en plus.
- La distance au village. À moins de deux kilomètres du centre, on fait tout à pied ou à vélo. Au-delà de quatre, chaque course devient une expédition en voiture.
- Le bruit. Une départementale passe parfois juste derrière les sanitaires. Un détail qui vous réveille à 6 h 30 tous les jours.
J’ajoute un point que personne ne mentionne : la proximité d’une gare. La ligne Strasbourg-Sarreguemines traverse le secteur, avec des arrêts à Ingwiller et Obermodern. Pour un week-end sans voiture, ça change tout.
Ce qu’on fait entre deux nuits sous toile
Le château de Lichtenberg, déjà. Sa restauration a transformé un vieux donjon ruiné en lieu de visite correct, avec des expositions temporaires qui tiennent la route. Comptez trois heures sur place si vous montez au belvédère.
Le musée du Pays de Hanau à Bouxwiller occupe une ancienne halle aux blés du XVIIIe siècle, et sa collection d’objets judéo-alsaciens est l’une des rares encore visibles dans la région. Ne comptez pas y passer une demi-journée : une heure et demie suffit, mais l’endroit surprend.
Côté bouffe, on mange du kougelhopf au petit-déjeuner, de la tarte flambée le soir, et du munster fermier chez trois ou quatre producteurs du secteur. À La Petite-Pierre, deux tables valent le détour, davantage pour les plats du jour que pour la carte.
Le reste de la journée tient à trois activités : marcher, pédaler, et se baigner dans les étangs aménagés autour de Wingen-sur-Moder. Les enfants y trouvent de quoi s’occuper une après-midi entière sans qu’on ait à sortir le portefeuille.
Deux réserves, et je les assume
Le Pays de Hanau n’est pas un coin pour qui cherche l’animation continue. Les commerces ferment tôt, les restaurants affichent souvent complet le week-end, et certains villages n’ont plus qu’une boulangerie itinérante trois jours par semaine. Il faut anticiper.
Deuxième point : la voiture reste reine. Sans elle, on rate la moitié des sentiers et l’accès aux fermes-auberges. La gare dépanne, mais elle ne fait pas tout.
Cela dit, ce sont ces contraintes qui rendent l’endroit respirable. Un camping ici, ce n’est pas un séjour à cocher sur une liste. C’est trois jours à un rythme qui ralentit nettement, et une région qui ne fait aucun effort pour vous plaire. Je préfère ça à un décor lissé.
